Retour à Montréal
Maintenant les deux pieds dans l'hiver québécois, auquel on n'échappe peut-être jamais complètement, et mes yeux pleins d'eau tournés vers le vent qui balaie janvier, j'attends mon bagage, qui lui aussi a ressenti l'urgence de vagabonder seul dans ce beau et (très) grand pays, juste au-dessous.
Mon sac, localisé dans ce lieu de villégiature unique qu'est Mobile, Alabama, remonte tranquillement vers le nord, et j'ai pris à New York, lundi matin, -God bless Mr. John Rhodes, célèbre jusqu'a Houston, Texas- les dispositions nécéssaires pour qu'il traverse la plus longue frontière commune au monde sans que j'ait besoin de m'y rendre.
Je suis arrivé au terminus d'autocar du centre-ville de Montréal hier soir, vers 21 heures. J'ai un manteau d'hiver, un futon à squatter pour la semaine, un peu plus de cet argent canadien que je commence à rapatrier de mes planques à Québec Citi, et un moral à toute épreuve. Je vais en avoir besoin.
