Dossier mystère
Le 19 décembre 2003, vers 22 heures, des gyrophares éclairent une route apparemment paisible du sud des États-Unis.
Le véhicule du shérif du compté de Harrison dépasse l'autocar Greyhound dans lequel je me trouve.
Notre conducteur ralentit, puis immobilise le bus sur le côté droit de la route.
À peine quelques secondes s'écoulent et nous repartons, la voiture de police devant nous cette fois, les gyrophares de cette dernière nous guidant vers un chemin secondaire.
Quelques minutes plus tard, nous entrons dans un énorme hangar blanc. Le conducteur du Greyhound éteint les lumières de l'autobus. L'air climatisé cesse de fonctionner. L'homme descend de son véhicule et se dirige vers le shérif.
À l'intérieur de notre autobus, les passagers se demandent ce qui se passe. La grosse femme assise à ma gauche s'indigne et réclame des explications, mais personne ne lui répond.
Derrière moi, un jeune homme, qui a passé l'heure précédente au téléphone à se plaindre qu'il n'arrivera jamais à la Nouvelle-Orléans à temps pour prendre son avion, se lamente de plus belle.
Certains de ses camarades veulent profiter de la situation pour sortir fumer une cigarette, permission qui leur sera refusée.
Je suis dans le Mississippi, égaré quelque part entre Biloxi et Bay St.Louis, cinq jours avant Noël, entouré de militaires qui rentrent chez eux, incapable de dormir malgré une journée entière à traverser l'Alabama.
Le conducteur est toujours dehors je crois. Assis au côté gauche de l'autocar, à la troisième rangée à partir du fond, je ne vois pas ce qui se passe à l'extérieur, dans le hangar blanc.
Les fenêtres du bus commencent à s'embuer maintenant.

