De l'importance de célébrer les défaites dans le calme
« ...le concert que les Fun Lovin' Criminals devaient donner le 4 décembre (...) a été annulé (...) Vous avez le temps de préparer votre émeute... »Vers 21 heures hier, je remarquai une activité policière inusitée à l'est de Crescent. Les agents de la ville de Montréal commencèrent à se déployer rue Sainte-Catherine Ouest.
(P. Baillargeon, Ici (Montréal), 13-19 novembre 2003)
Les minutes passaient, les milichiens s'agglutinnaient au coin des rues... Leur nombre allait sans cesse croissant, devant la Banque Royale, la Banque TD -certains d'entre eux pointaient le sommet du haut édifice situé juste en face- et devant le cinéma Paramount.
Une ballade dans le secteur permit de localiser un intimidant panier à salade, avenue McGill-College, longue fourgonnette rivalisant de brillance avec le sapin de Noel illuminé visible à l'arrière-plan.
Je soupçonnais quelque désordre au Pubulaire Peel Pub ou à l'édifiant Supersexe, mais ma perplexité grandit lorsque je vis défiler, en pleine rue Sainte-Catherine, trois policiers... à cheval.
Je me réfugiai une rue plus haut, dans l'édicule de la station de métro Peel, d'où j'observai le passage de quelques ambulances. A ma droite, rue Stanley, au nord de Maisonneuve, les véhicules de l'escouade anti-émeute abritaient leurs agents.
Lorsque je redescendis, quelques minutes plus tard, incapable de résister à l'attrait d'un désordre public imminent, ce fut pour constater, presque à regret, la disparition de tous ces gendarmes, auto-patrouilles, fourgons et chevaux.
Remercions l'équipe de football locale, ces hommes virils qu'on appelle virilement "Alouettes", qui perdue loin dans les plaines de la Saskatchewan, perd la finale de la Coupe Grey... et évite à notre ville une autre soirée sur le chemin des incendies et du pétage de vitrines.
