Aime ton voisin (2)
Ce midi, je descendais les marches orange et luisantes, repeintes à la fin de l'été, qui mènent au sol et aux feuilles jaunes imbibées, collées au macadam.
L'automne mouillé vit ses plus glorieux instants.
Les rues du quartier sont magnifiques. Une suite d'arbres colorés bordent les trottoirs, et j'en conclus aujourd'hui encore que la plus jolie de ces rues est la rue Plessis. Mon regard qui se pose sur les feuilles accrochées aux arbres, qui retombe sur les feuilles par terre. Mon parapluie noir qui décapite les passants.
Les voitures défilent, leurs pneus glissants sur la chaussée trempée.
Rassuré par l'écho incessant -reconnaissable entre tous les bruits de la ville- des automobiles anonymes qui se succèdent sous l'averse, je désordonne maintenant le vieil immeuble où je réside.
Mon aimable voisin en proie à une colère bruyante, que j'attise volontiers.
