Du vin, des gros mots et des mutilations
Ce qu'il y a de bien en vieillissant, c'est que nos goûts se raffinent. Nous devenons plus éclairés dans le choix de nos divertissements.
Un dimanche matin à neuf heures, après avoir insulté des touristes toute la nuit, quoi de plus satisfaisant que de se déchiqueter l'index de la main droite avec son canif en tentant d'extraire un bouchon de liège du goulot d'un excellent Bouvreuil de dépanneur, et de se saigner dessus en visionnant pour la troisième fois de trop les très intellectuelles évolutions des vedettes de Jackass.
Un lundi matin à neuf heures, en rentrant d'un dur weekend de labeur, quoi de plus satisfaisant que de déguster un savoureux litre de Marquis de Méricourt, ce vin rouge dont le bouchon, gage de qualité, se dévisse au lieu de se déboucher, tout en appréciant, le rictus aux lèvres et le doigt dans le nombril, les subtilités de la première saison des Osbornes. La fatigue et les dieux du vin et/ou du métal aidant, je me suis couché après que le bouledogue ait dégueulé dans l'épisode numéro huit.

