Lieux communs
Il pleuvait. Je ne pouvais décemment sortir sans porter mon habit gris et noir, celui qui date des années 1970, celui que j'avais trouvé dans cette friperie de la rue Saint-Laurent -c'était l'automne dernier je crois, avant ma réclusion.
Je suis passé, pour la première fois depuis assez longtemps je dois avouer, devant le 4084 rue Saint-Hubert.
Il y avait la lumière qui etait allumée. Ces gens (et ces chats) ne dorment donc jamais ? Ce qui se trouve derrière les carreaux de cette fenêtre au cadre vert n'est probablement qu'une saloperie de corridor.
Sur la rue Rivard, entre Roy et Duluth, j'ai croisé sur le trottoir un écureuil venant en sens inverse. Un écureuil vivant, pas mort cette fois, même que j'en ai pour preuve qu'il a accéléré en passant à ma droite.
L'écureuil est un animal nerveux.
Moi aussi.
Il m'avait paru inconcevable, alors que je nettoyais le plancher en ébauchant mes plans pour les heures suivantes, de marcher dans les rues de cette ville sans mon habit noir et gris.
Dehors, les rues sont mouillées. Dedans, il y a moi, qui respire l'odeur de vieille laine humide qui se dégage de mon veston.
