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À l'ombre des jeunes femmes en fleurs

05 juillet 2003

Devant le 4084 Saint-Hubert, j'ai surpris -ou peut-être pas- une jeune femme qui sur son balcon arrosait ses fleurs. Quelques centimètres à sa droite, son chat blanc se trouvait assis, immobile, sur le rebord de l'immense fenêtre au cadre vert. Il était plus de quatre heures du matin.

Je cours et je me demande, à quatre heures du matin, si j'arrêterai de courir, si je trouverai ce qui me permettra de respirer plus longuement la chaleur étouffante de la ville.

Je me demandais, en regardant ces grands et vastes appartements, avec de jolis balcons, de grands escaliers aux très larges marches, des fenêtres parfois immenses, des chats blancs et des porte-manteaux qu'on peut voir de la rue, si un jour j'y serais finalement installé, avec une personne, ou bien seul chez moi avec cette personne elle aussi dans ses vastes appartements tout près.

Je me demandais si j'aurais le repos, si je pourrais arrêter de courir pour un moment.
Si je n'aurais plus de saloperie de "dépot de sécurité" à donner pour un service de téléphone. Si je n'aurais plus de tablier noir ou de tablier rouge à porter, ou de sinistres célébrités bouffonesques à croiser dans un corridor chaque après-midi pendant deux ans pour gagner ma vie et ainsi obtenir le droit de ne pas squatter les trottoirs ou les bancs de parc quand l'envie me prend de vouloir dormir.

Nous sommes le 5 juillet; je l'ai déjà dit, le mois de juin 2003 a été gaspillé. Beaucoup de vagabondage, du type dont on ne retire aucun plaisir. Peu de sommeil. Beaucoup, beaucoup de stress. Peu d'amis, pas d'ami(e)s même -à part une peut-etre, un après-midi-. Pas envie de sortir, et pas plus d'argent dans mes poches au bout du compte.

Je cherche un sens à cet été... ça m'apparait évident.
Voilà donc ce qui m'attendait, maintenant que je me suis assuré un toit au-dessus de ma tête et autre chose que des planches de bois sales en dessous de mes fesses.

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