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Vagabondage à Québec (2003)
2- Détails

14 mai 2003

Nous nous étions assis au comptoir, sur de hauts tabourets. C'est un détail qui fait partie essentielle d'une tournée des tavernes digne de ce nom.
J'eus tant de mal à faire parler la quinquagénaire poudrée aux seins tombants et à la haute chevelure jaune qui faisait office de serveuse que je renonçai à la questionner.
Je me dois toutefois de souligner la clémence dont elle fit preuve lorsque j'inondai de bière son comptoir.
Les films diffusés sur les téléviseurs m'empêchaient de soutenir une conversation respectable avec mon a(l)colyte. Nous décidâmes de saluer Humpfrey Bogart sur le mur et d'affronter la cruelle lumière du jour.

Dans le bar de la rue du Pont, le serveur était beaucoup plus sympathique. L'homme de bon conseil nous suggéra une grosse bière. Nous optâmes pour une Laurentide et une Labatt 50.
Ce sont les petits détails qui comptent... Lorsqu'on veut faire la tournée des tavernes, il faut boire de la vraie bière de taverne.

Il faut aussi manger des langues de porc et des oeufs dans le vinaigre. Ce que nous fîmes, à mes frais, mais cette dépense ne me déplaisait point.
Nous avons passé les heures suivantes à engouffrer notre monnaie dans le juke-box. Nous avons imposé au moins 4 fois aux buveurs locaux Here I Go de Whitesnake. Elvis a joué aussi, c'était inévitable.

La nuit tombait peu à peu. Se sentant inspiré, un vieil homme très maigre -dont la moitié droite du visage semblait avoir disparu dans un malencontreux accident - a profité d'une de mes séjours aux toilettes pour offrir à ma compagne une autre grosse Laurentide.

Une fois la bonne vieille bière des familles consommée, nous avons salué le serveur (qui nous remercia de ne pas avoir été des clients "dérangeants"), nous avons renoncé aux langues de porc marinées qui restaient et jeté un dernier regard affectueux au Elvis du juke-box.

Nous sommes sortis: Saint-Roch était maintenant sombre, mais sur le coin de la rue du Pont et de l'avenue Saint-Joseph, une lueur blanche éclairait le soir nouveau.
La lueur d'un vieillard aux cheveux et à la barbe blanche hirsute, portant sur la tête un casque des Expos, de ceux que l'on donnait aux spectateurs enthousiastes du Stade, il y a quinze ans.

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