Vagabondage à Québec: observations...
Si je suis toujours à Québec pour une quatrième journée, c'est probablement parce que je suis enfermé quelque part, et que je sors très peu.
Mes sorties se sont jusqu'ici limitées à des déplacements du point A au point B, toujours pour aller voir une personne bien précise.
Hors de ma cachette, quelque part dans le quartier Limoilou, mes rares contacts avec le monde extérieur ont eu lieu dans les autobus (rien de surprenant) ou chez les personnes que j'ai justement visité.
Je me sens relativement en sécurité, une sécurité précaire, mais qui fera l'affaire dans les circonstances.
Voici quelques observations sur ce vagabondage, amorcé samedi dernier, 20h30:
Samedi
Le sosie du chanteur de Weezer travaille au restaurant "La pointe des Amériques", sur le boulevard Laurier.
Dimanche
Dans la 801, face à l'Université, un gros bonhomme aux dents jaunes et aux longs cheveux de la même couleur (rapport à la saleté), aborde une femme Noire dans la quarantaine, qui porte des lunettes et fait semblant de lire pour se débarasser de son indésirable interlocuteur, par les mots suivants:
«Vous ressemblez à Woupi Gaulebeuuuurgue... l'actrissssse !»
Lui, il ressemblait à Marcel Aubut qu'aurait trop fêté pendant 3 semaines, mais je ne lui ai pas passé la remarque. La couleur de ses cheveux m'a fait peur.
Lundi
J'ai donné rendez-vous à quelqu'un dans un café.
En l'attendant, soupe, espresso, journal.
En l'attendant, j'ai réalisé que je me foutais totalement de voir cette fille ou pas.
Je me suis levé, j'ai enfilé mon manteau, payé la soupe et le café. Je suis sorti. Je ne la reverrai probablement plus.
Mardi
Vingt-six novembre: un an, jour pour jour, après mon départ de Québec.
Pourquoi pratiquement chaque personne à qui j'ai parlé ces quatre derniers jours, m'a demandé si j'étais revenu vivre ici ?
Je suis de passage seulement, et à chaque quartier que je traverse avec la saloperie de bus qui ne roule jamais assez vite, c'est quarante mois de souvenirs que je vois passer.
Voilà pourquoi la réponse est: non, je ne suis pas revenu vivre ici, et non, je ne reviendrai pas m'installer dans cette ville.
